En bref :
- 🚀 Nouveau processeur surpuissant : La carte s’articule autour du RP2350, offrant 520 ko de RAM et 4 Mo de mémoire flash, avec un module de sécurité TrustZone intégré.
- 🧠 Architecture hybride inédite : Les développeurs peuvent choisir au démarrage entre deux cœurs ARM Cortex-M33 ou deux cœurs open source RISC-V (Hazard3).
- 💻 Le règne de Visual Studio Code : C’est l’environnement de développement (IDE) le plus complet pour gérer facilement la bascule entre les différentes architectures de la puce.
- 🔌 Format inchangé et abordable : Maintenue à 5 $, la carte conserve son port Micro-USB historique et s’oriente vers des solutions fixes sans connectivité sans fil.
Raspberry Pi Pico 2 : Le Microcontrôleur RP2350 qui Redéfinit l’Électronique
Depuis son lancement retentissant à l’été 2024, le marché des microcontrôleurs a été durablement secoué par l’arrivée de cette nouvelle itération. Aujourd’hui, en 2026, la carte s’est imposée comme un standard incontournable pour les ingénieurs et les passionnés de bidouille numérique. Le prix reste figé à 5 $, une véritable prouesse technique compte tenu des améliorations matérielles massives embarquées sous le capot de ce petit bout de silicium.
Visuellement, rien ne semble avoir changé par rapport à la première génération. Nous retrouvons le même format physique, les mêmes broches et, étonnamment, la même prise Micro-USB. Ce choix de connectique, qui paraissait déjà daté lors de son annonce, se justifie par une rétrocompatibilité électrique et logicielle absolue avec les anciens montages. Avez-vous vraiment besoin de redessiner tous vos circuits imprimés pour passer à l’USB-C ? La fondation a tranché en faveur de la continuité.
La véritable révolution se cache dans le silicium avec l’introduction du RP2350. Ce composant balaye le vieillissant RP2040 en proposant 520 ko de mémoire vive et 4 Mo de stockage flash. Fini les limitations drastiques pour les programmes complexes : la puce intègre désormais une unité FPU dédiée aux calculs à virgule flottante et un système TrustZone garantissant un haut niveau de sécurité matérielle.

Architecture Hybride : Le Duel Interne ARM et RISC-V
La particularité la plus fascinante de ce modèle réside dans sa conception bicéphale. Le processeur n’impose plus une architecture unique, mais laisse le choix au développeur. D’un côté, nous avons une paire de cœurs ARM Cortex-M33 cadencés à 150 MHz, offrant une fiabilité et une puissance de traitement redoutables pour l’industrie. De l’autre, la carte embarque deux cœurs RISC-V basés sur l’implémentation matérielle open source Hazard3.
Il est crucial de comprendre que ces deux univers ne cohabitent pas simultanément : il faut sélectionner le jeu d’instructions désiré lors de la phase de démarrage. En termes de performances pures, le cœur RISC-V se montre extrêmement véloce, atteignant 3,81 CoreMark/MHz. S’il reste très légèrement en retrait par rapport aux 4,02 CoreMark/MHz du Cortex-M33, il pulvérise littéralement les 2,46 du précédent Cortex-M0+.
Visual Studio Code : L’Environnement de Développement Ultime ?
Face à une telle complexité matérielle, le choix de l’outil de programmation devient stratégique. Visual Studio Code s’impose naturellement grâce à l’extension officielle Pico, directement intégrable depuis la plateforme. Ce logiciel offre une richesse de configuration inégalée, permettant de naviguer dans la documentation technique tout en structurant des projets d’envergure.
Toutefois, notre expérience de terrain révèle des nuances selon les systèmes d’exploitation utilisés. Sur macOS, nous avons essuyé plusieurs lenteurs de compilation et des configurations de chemins (PATH) capricieuses avec les composants Xcode. À l’inverse, le basculement sur un environnement Windows a offert une fluidité exemplaire, sans aucun accroc lors de l’installation ou du déploiement du code sur la carte.
La Gestion des Cœurs au Centre de l’Extension
Le véritable argument massue de VS Code réside dans sa capacité à exploiter la dualité du RP2350. L’extension permet de basculer d’un simple clic sur les cœurs RISC-V, une fonctionnalité qui justifie à elle seule l’adoption de cet IDE. La gestion des projets demanderait encore un peu d’assouplissement dans ses menus, mais l’intégration du Pico SDK 2.0 y est parfaitement fonctionnelle.
| 🔧 Environnement (IDE) | 🎯 Usages Recommandés | ⚡ Support RISC-V Natif | ⚙️ Niveau de Difficulté |
|---|---|---|---|
| Visual Studio Code | Projets complexes, bascule d’architecture | ✅ Oui (via extension Pico) | Élevé |
| Arduino IDE | Prototypage rapide (PoC), écosystème C++ | ❌ Non (nécessite adaptations) | Faible |
| Thonny | Programmation Python, éducation | ⚠️ Limité au firmware MicroPython | Très Faible |
| Visual Micro | Utilisateurs de Visual Studio classique | ✅ Oui (selon configuration) | Moyen |
Pour ceux qui préfèrent des alternatives, Visual Micro constitue un pont excellent si vous possédez déjà la suite lourde de Microsoft. Cela permet de conserver ses habitudes tout en attaquant les registres de la nouvelle puce de la fondation.

Arduino IDE et Thonny : Simplicité Face à la Complexité
Malgré l’hégémonie technique de VS Code, les aficionados de la simplicité ne sont pas en reste. L’indéboulonnable Arduino IDE continue de rendre de fiers services pour la réalisation de preuves de concept (PoC) rapides. L’installation nécessite d’ajouter le paquet Arduino Mbed OS RP2024 board via le gestionnaire de cartes, une opération qui se plie en quelques secondes.
Le comportement de compilation et de téléversement reste fidèle à la légendaire fluidité de l’écosystème Arduino. Cependant, une limitation majeure subsiste : l’impossibilité de basculer facilement sur les cœurs RISC-V. Le logiciel nécessite en effet une intégration plus profonde du Pico SDK 2.0 pour débloquer ces registres spécifiques. En attendant, pour les adeptes du langage interprété, Thonny IDE demeure la forteresse imprenable pour injecter du code Python dans le microcontrôleur avec une aisance déconcertante.
Des Cas d’Usage Ciblés pour l’Embarqué Fixe
Cette nouvelle mouture fait l’impasse totale sur les puces Wi-Fi et Bluetooth. Ce choix matériel restreint inévitablement les horizons liés à l’Internet des Objets (IoT), mais recentre la carte sur ce qu’elle fait de mieux : l’embarqué fixe haute performance. Les industriels peuvent d’ailleurs se procurer le RP2350 nu, sans mémoire flash, pour l’intégrer dans leurs propres lignes de production.
La puissance brute dégagée par les cœurs à 150 MHz a rapidement trouvé preneur dans des communautés de niche passionnantes. La carte excelle aujourd’hui dans la gestion d’interfaces complexes, servant de moteur à des outils de pentesting ou à des adaptateurs de stockage rétro comme le célèbre BlueSCSI v2. Les gains de performance permettent même de faire tourner un émulateur de Macintosh ou d’accélérer un Apple II de manière fulgurante.
La Raspberry Pi Pico 2 est-elle compatible avec les anciens accessoires de la Pico 1 ?
Absolument. La carte conserve le même format physique (pinout) et la même prise Micro-USB, assurant une rétrocompatibilité électrique et logicielle totale avec vos anciens projets.
Pourquoi utiliser VS Code plutôt qu’Arduino IDE pour cette nouvelle carte ?
Bien qu’Arduino IDE soit très simple pour des montages basiques, VS Code équipé de l’extension Pico permet de basculer nativement sur les nouveaux cœurs RISC-V du processeur RP2350, ce qu’Arduino ne gère pas nativement sans manipulations complexes.
Peut-on utiliser les cœurs ARM et RISC-V en même temps ?
Non, le fonctionnement simultané des deux architectures est impossible. Le choix du jeu d’instructions (ARM Cortex-M33 ou RISC-V Hazard3) s’effectue obligatoirement au moment de la séquence de démarrage de la carte.
Cette version possède-t-elle le Wi-Fi intégré ?
Non. Le modèle classique abordé ici est dépourvu de connectivité sans fil (ni Wi-Fi, ni Bluetooth). Il est conçu spécifiquement pour des applications fixes, des émulateurs ou des protocoles filaires industriels.






